Ramener deux offres à une base comparable
La plupart des offres sont construites pour ne pas être comparables. Trois opérations suffisent à les remettre sur le même plan.
Si comparer était facile, il n'y aurait pas de métier autour. La difficulté n'est pas mathématique : elle vient de ce que les offres sont formulées sur des périmètres différents, ce qui empêche la soustraction.
1. Ramener à la même unité
Prix au litre, au kilo, à la dose, au mois. C'est l'opération de base et elle suffit à retourner beaucoup de comparaisons, en particulier sur les grands conditionnements, qui ne sont pas systématiquement plus avantageux.
L'affichage du prix à l'unité de mesure est d'ailleurs encadré par la réglementation sur l'information du consommateur — il est donc en général disponible sur l'étiquette, en petit.
2. Ramener à la même durée
Tout ce qui se paie régulièrement doit être ramené au coût annuel, frais d'entrée compris. Une offre mensuelle avec engagement, une offre sans engagement plus chère et une offre annuelle payée d'avance ne sont comparables qu'ainsi.
Une remise sur les premiers mois se dilue sur la durée d'engagement. Le coût annuel moyen la fait disparaître, ce qui est exactement l'objectif.
3. Ramener au même contenu
L'opération la plus laborieuse. Il faut établir ce dont on a besoin, puis vérifier ce que chaque offre inclut réellement, en repérant les options facturées à part et celles incluses.
La méthode qui marche : faire la liste de ses besoins avant de regarder les offres. Sinon, la liste se construit à partir de ce qui est proposé, ce qui conduit à considérer comme nécessaire ce qui a été mis en avant.
Ce qui reste en dehors du calcul
- La facilité à résilier, qui ne se voit pas sur le prix et se paie plus tard.
- La disponibilité des pièces et des consommables, décisive sur les biens durables.
- Le service après-vente, dont on ne mesure la valeur qu'au moment où l'on en a besoin.
La question finale
Une fois la comparaison faite, il reste la seule qui compte vraiment : est-ce que j'en ai besoin ? Le travail de comparaison a un effet secondaire connu — il installe l'achat comme acquis, et la question du besoin disparaît.
C'est pour ça que je conseille de la poser en dernier, à voix haute, une fois qu'on sait quelle offre on prendrait. Elle annule parfois tout le reste, et c'est le meilleur résultat possible.